Chanson de l’ours
Elles ont écarté sans y parvenir
tout ce qu’elles ont pu
les cloches de la nuit
et l’ours est allé plus boîteux
qu’une arme sans yeux
la bouche a cherché place en son visage
et ne l’a pas trouvée,
sur le dos il n’a plus
qu’une échelle de poils
c’est la chaîne éternelle de l’ours qui monte et qui
descend

Les tigres charmants
qui allumez la belladone
bêtes fleuries de soies
écartez de nous le péril
qui est d’exister mal
en n’étant pas

C’était un Rat aux longs cheveux gris
tirant de son pelage de fines aiguilles de soie
les tendait – avec des façons
de baiser retourné –
à la petite-fille-cigale-du-silence
pour qu’elle en griffe le miroir

Obra sin título de Marianne Van Hirtum (collection de la Communauté française
J’ai plusieurs rois dans ma famille
celui-ci est certes le plus beau
– ses duvets de chaleur mordante –
– ah j’aime tant jouer à travers vous
traverser vos portes – vos joues –
à chaque poupée nouvelle il meurt un enfant
c’est le temps venu des poisons
l’époque des longues distances
ma longévité d’os vivant
je fus un primitif de l’amour et du bien
– mais dites-moi la route
qui mène à l’étoile filante

Marianne van Hirtum (1ª fila, segunda por la derecha), en el desierto de Retz con el grupo surrealista, 1960.… Leer más