«Perder
Pero perder realmente
para dejar sitio al hallazgo
Perder
la vida para encontrar la Victoria»
Apollinaire
Le pont Mirabeau
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
El puente Mirabeau
Bajo el puente Mirabeau fluye el Sena
Y nuestros amores
¡Ay! cómo me acuerdo
La alegría venía siempre después de la pena
Venga la noche suene la hora
Los días se van me quedo
Sigamos frente a frente las manos en las manos
Mientras bajo
El puente de nuestros brazos pasa
De las eternas miradas el agua tan cansada
Venga la noche suene la hora
Los días se van me quedo
El amor se va como esta agua que corre
El amor se va
Qué lenta es la vida
Y qué violenta la Esperanza
Venga la noche suene la hora
Los días se van me quedo
Pasan los días y pasan las semanas
Ni el tiempo pasado
Ni los amores vuelven
Bajo el puente Mirabeau corre el Sena
Venga la noche suene la hora
Los días se van me quedo
De : “Alcools” Traducción: Claire Deloupy
A la Santé
I
Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu
Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Adieu Adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles
II
Non je ne me sens plus là
Moi-même
Je suis le quinze de la
Onzième
Le soleil filtre à travers
Les vitres
Ses rayons font sur mes vers
Les pitres
Et dansent sur le papier
J’écoute
Quelqu’un qui frappe du pied
La voûte
III
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine
Avec le clefs qu’il fait tinter
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à coté
On y fait couler la fontaine
IV
Que je m’ennuie entre ces murs tout nus
Et peint de couleurs pâles
Une mouche sur le papier à pas menus
Parcourt mes lignes inégales
Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur
Toi qui me l’as donnée
Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
Le bruit de ma chaise enchainée
Et tour ces pauvres coeurs battant dans la prison
L’Amour qui m’accompagne
Prends en pitié surtout ma débile raison
Et ce désespoir qui la gagne
V
Que lentement passent les heures
Comme passe un enterrement
Tu pleureras l’heure ou tu pleures
Qui passera trop vitement
Comme passent toutes les heures
VI
J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison
Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison
De: Alcools, 1913

Salud
I.
L’adieu
J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends
I.
El adiós
Tomé esta brizna de brezo
El otoño ha muerto recuérdalo
No nos veremos más sobre la tierra
Olor del tiempo brizna de brezo
Y recuerda que yo te espero
II.
Vais acheter une cravache
En peau de porc jaune en couleur
Si je n’en trouve que macache
Prendrai mon fouet de conducteur
II.
Voy a comprar un látigo
En piel de cerdo amarillo de color
Si no encuentro ninguno1
Tomaré mi látigo de conductor
III.
Et prends bien garde aux Zeppelins
Aux Zeppelins de toute sorte
Ceux des Boches sont pas malins
Ceux des Français sont bien plus pleins
Et prends bien garde aux Zeppelins
Chaque officier Français en porte
III.
Y ten mucho cuidado de los Zepelines
De los Zepelines de toda clase
Los de los Vochos¹ no son malos
Los de los franceses están más llenos
Y ten mucho cuidado de los Zepelines
Cada oficial Francés lleva uno
IV
La nuit
S’achève
Et Gui
Poursuit
Son rêve
Où tout
Est Lou
On est en guerre
Mais Gui
N’y pense guère
La nuit
S’étoile et la paille se dore
Il songe à Celle qu’il adore
Nuit du 27 avril 1915.
IV
La noche
Se acaba
Y Gui
Prosigue
Su sueño
Donde todo
Es Lou
Estamos en guerra
Pero Gui
No piensa en ella
La noche
Se estrella y la paja se dora
Él sueña con Aquella que adora
Noche del 27 de abril de 1915.
V
Lorsque deux nobles cœurs se sont vraiment aimés
Leur amour est plus fort que la mort elle-même
Cueillons les souvenirs que nous avons semés
Et l’absence après tout n’est rien lorsque l’on s’aime
V
Cuando dos nobles corazones se han amado realmente
Su amor es más fuerte que la muerte misma
Recolectemos los recuerdos que hemos sembrado
Y la ausencia después de todo no es nada cuando se le ama
VI
Épigramme
Mon adorable jardinière
Toi qui voudrais savoir pourquoi
Nul ne tape sur ton derrière
Ne sais-tu donc pas comme moi
Qu’il ne faut pas battre une femme
Et même avec une Fleur Rare oui Madame
VI
Epigrama
Mi adorable jardinera
Tú que querías saber por qué
Nadie te golpea en el trasero
No sabes como yo
Que no se debe pegar a una mujer
Ni siquiera con una Flor Rara sí Señora
VII
Tour
A R.D.
Au Nord au Sud
Zénith Nadir
Et les grands cris de l’Est
L’Océan se gonfle à l’Ouest
La Tour à la Roue
S’adresse
VII
Torre
A R.D.
Al Norte al Sur
Cenit Nadir
Y los grandes gritos del Este
El Océano se hincha en el Oeste
La Torre a la Rueda
Se dirige
De Poemas a Lou inspirados en Louisse de Coligny-Châtillon, mujer a quien Apollinaire conoció en Niza mientras se alistaba como voluntario para participar de la “Gran guerra”, durante la cual fue herido gravemente en la cabeza. Traducción de César Navarrete.

Poème lu au mariage d’André Salmon
Le 13 juillet 1909.
En voyant des drapeaux ce matin je ne me suis pas dit
Voilà les riches vêtements des pauvres
Ni la pudeur démocratique veut me voiler sa douleur
Ni la liberté en honneur fait qu’on imite maintenant
Les feuilles ô liberté végétale ô seule liberté terreste
Ni les maisons flambent parce qu’on partira pour ne plus revenir
Ni ces mains agitées travailleront demain pour nous tous
Ni même on a pendu ceux qui ne savaient pas profiter de la vie
Ni même on renouvelle le monde en reprenant la Bastille
Je sais que seul le renouvellent ceux qui sont fondés en poésie
On a pavoisé Paris parce que mon ami André Salmon s’y marie
Nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
Au temps de notre jeunesse
Fumant tous deux et mal vêtus attendant l’aube
Épris épris des même paroles dont il faudra changer le sens
Trompés trompés pauvres petits et ne sachant pas encore rire
La table et les deux verres devinrent un mourant qui nous jeta le dernier regard d’Orphée
Les verres tombèrent se brisèrent
Et nous apprîmes à rire
Nous partîmes alors pèlerins de la perdition
A travers les rues à travers les contrées à travers la raison
Je le revis au bord du fleuve sur lequel flottait Ophélie
Qui blanche flotte encore entre les nénuphars
Il s’en allait au milieu des Hamlets blafards
Sur la flûte jouant les airs de la folie
Je le revis près d’un moujik mourant compter les béatitudes
Je le revis faisant ceci ou cela en l’honneur des mêmes paroles
Qui changent la face des enfants et je dis toutes ces choses
Souvenir et Avenir parce que mon ami André Salmon se marie
Réjouissons-nous non pas parce que notre amitié a été le fleuve qui nous a fertilisés
Terrains riverains dont l’abondance est la nourriture que tous espèrent
Ni parce que nos verres nous jettent encore une fois le regard d’Orphée mourant
Ni parce que nous avons tant grandi que beaucoup pourraient confondre nos yeux et les étoiles
Ni parce que les drapeaux claquent aux fenêtre des citoyens qui sont contents depuis cent ans d’avoir la vie et de menues choses à défendre
Ni parce que fondés en poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l’Univers
Ni parce que nous pouvons pleurer sans ridicule et que nous savons rire
Ni parce que nous fumons et buvons comme autrefois
Réjouissons-nous parce que directeur du feu et des poètes
L’amour qui emplit ainsi que la lumière
Tout le solide espace entre les étoiles et les planètes
L’amour veut qu’aujourd’hui mon ami André Salmon se marie
Poema leído en la boda De André Salmon
El 13 de julio de 1909.
Esta mañana al ver banderas no me dije
He aquí la rica indumentaria de los pobres
Ni el pudor democrático quiere ocultarme su dolor
Ni la preciada libertad hace que se imite ahora
A las hojas oh libertad vegetal oh única libertad terrestre
Ni las casas arden porque nos marcharemos para no volver
Ni esas manos agitadas trabajarán mañana para todos nosotros
Ni siquiera se ha colgado a los que no sabían gozar de la vida
Ni siquiera se renueva el mundo retomando la Bastilla
Sé que sólo lo renuevan los que están fundados en la poesía
Se ha engalanado París porque mi amigo André Salmon
Allí se casa
Nos conocimos en una bodega maldita
En tiempos de nuestra juventud
Fumando los dos y mal vestidos esperando el alba
Apasionados apasionados los dos por las mismas palabras cuyo sentido habrá que cambiar
Engañados engañados pobrecitos sin saber aún reír
La mesa y los dos vasos se transformaron en un moribundo que nos echó la última mirada de Orfeo
Los vasos cayeron se rompieron
Y aprendimos a reír
Partimos entonces peregrinos de la perdición
Cruzando calles cruzando comarcas cruzando la razón
Lo volví a ver a orillas del río donde flotaba Ofelia
Blanca flota aún entre los nenúfares
Él iba en medio de pálidos Hamlets
Tocando con su flauta tocando los aires de la locura
Lo volví a ver junto a un mujik moribundo contando las bienaventuranzas
Admirando la nieve semejante a las mujeres desnudas
Volví a verle haciendo esto o aquello en honor de las mismas palabras
Que cambian el rostro de los niños y digo todas estas cosas
Recuerdo y Porvenir porque mi amigo André Salmon se casa
Regocijémonos no porque nuestra amistad ha sido el río que nos fertilizó
Terrenos ribereños cuya abundancia es el alimento que todos esperan
Ni porque nuestras copas nos echan una vez más la mirada de Orfeo moribundo
Ni porque tanto hemos crecido que muchos podrían confundir nuestros ojos y las estrellas
Ni porque las banderas ondean en las ventanas de los ciudadanos que están contentos
desde hace cien años de tener la vida y cosas menudas para defender
Ni porque fundados en la poesía tengamos derechos sobre las palabras que forman y deshacen el Universo
Ni porque podemos llorar sin temor al ridículo y sabemos reír
Ni porque fumamos y bebemos como antaño
Regocijémonos porque el director del fuego y de los poetas
El amor que como la luz llena
Todo el espacio sólido entre las estrellas y los planetas
El amor quiere que hoy mi amigo André Salmon se case.

Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918) y Jacqueline KOLB sur la terrasse du 202 Bd Saint Germain. Photographie vers 1914 tiree des Oeuvres Completes de Guillaume Apollinaire, edition de 1966. Credit : Jean Vigne/KHARBINE-TAPABOR.

Llueve
llueven voces de mujeres como si estuvieran muertas incluso en el recuerdo
también llueve usted maravillosos encuentros de mi vida, oh, gotecitas
y estas nubes cabreadas se ponen a relinchar todo un universo de ciudades auriculares
escucha si llueve mientras el arrepentimiento y el desdén lloran una antigua música
Escucha caer las amarras que te retienen arriba y abajo

El marinero de Ámsterdam
[Cuento – Texto completo.]
El bergantín holandés Alkmaar regresaba de Java cargado de especias y otras mercancías preciosas. Hizo escala en Southampton, y a los marineros se les dio permiso para bajar a tierra. Uno de ellos, Hendrijk Wersteeg, llevaba un mono sobre el hombro derecho, un loro sobre el izquierdo y, en bandolera, un fardo de telas indias que tenía intención de vender en la ciudad, junto con los animales.
Era a principios de primavera, y la noche caía todavía temprano. Hendrijk Wersteeg caminaba a paso ligero por las calles algo brumosas que la luz de gas apenas iluminaba. El marinero pensaba en su próximo regreso a Ámsterdam, en su madre, a la que no había visto en tres años, en su prometida, que le esperaba en Monikedam. Sopesaba el dinero que conseguiría de los animales y de las telas y buscaba una tienda en donde vender tales mercancías exóticas.
En Above Bar Street, un caballero vestido muy pulcramente le abordó, preguntándole si buscaba comprador para su loro.
-Este pájaro -dijo- me vendría muy bien. Necesito a alguien que me hable sin que yo tenga que contestarle, pues vivo completamente solo.
Como la mayoría de los marineros holandeses, Hendrijk Wersteeg hablaba inglés. Puso un precio que el desconocido aceptó.
-Sígame -dijo este-. Vivo bastante lejos. Usted mismo colocará el loro en una jaula que hay en mi casa. Me mostrará también sus telas, y puede que haya entre ellas algunas que me gusten.
Muy contento por el trato hecho, Hendrijk Wersteeg se fue con el caballero, ante el cual, en la esperanza de poder vendérselo también, elogió al mono, que era, decía, de una raza bien rara, una de esas cuyos individuos mejor resisten el clima de Inglaterra y que más se encariñan con el dueño.
Pero pronto Hendrijk Wersteeg dejó de hablar. Malgastaba en vano sus palabras, puesto que el desconocido no le respondía y ni siquiera parecía escucharle.
Continuaron el camino en silencio, el uno al lado del otro. Solos, añorando sus bosques natales en los trópicos, el mono, asustado por la bruma, soltaba de vez en cuando un gritito parecido al vagido de un recién nacido, y el loro batía las alas.
Al cabo de una hora de marcha, el desconocido dijo bruscamente:
-Nos acercamos a mi casa.
Habían salido de la ciudad. El camino estaba bordeado de grandes parques cercados con verjas; de vez en cuando brillaban, a través de los árboles, las ventanas iluminadas de una casita de campo, y se oía a intervalos en la lejanía el grito siniestro de una sirena en el mar.
El desconocido se paró ante una verja, sacó de su bolsillo un manojo de llaves y abrió la cancilla, que volvió a cerrar una vez Herdrijk la hubo franqueado.
El marinero estaba impresionado: apenas distinguía, al fondo de un jardín, una casa de bastante buena apariencia, pero cuyas persianas cerradas no dejaban pasar luz alguna. El desconocido silencioso, la casa sin vida, todo le resultaba bastante lúgubre. Pero Hendrijk se acordó de que el desconocido vivía solo.
“¡Es un excéntrico!” pensó, y como un marinero holandés no es lo suficientemente rico como para que se le engañe con el fin de desvalijarlo, se avergonzó de su instante de ansiedad.
-Si tiene cerillas, ilumíneme -dijo el desconocido metiendo la llave en la cerradura de la puerta de la casa.
El marinero obedeció y, una vez dentro de la casa, el desconocido trajo una lámpara que pronto iluminó un salón amueblado con buen gusto.
Hendrijk Wersteeg estaba totalmente tranquilo. Alimentaba la esperanza de que su extraño compañero le comprara una buena parte de sus telas.
El desconocido, que acababa de salir del salón, volvió con una jaula:
-Meta aquí el loro -le dijo-. No lo pondré en una percha hasta que se haya domesticado y sepa decir lo que quiero que diga.
Después, tras haber cerrado la jaula en la que, espantado, quedó el pájaro, le pidió al marinero que cogiera la lámpara y fuese a la habitación contigua, en donde se encontraba, según decía, una mesa cómoda para extender las telas. Hendrijk Wersteeg obedeció y fue a la alcoba que se le había indicado. De pronto, oyó que la puerta se cerraba tras él y que la llave giraba. Estaba prisionero. Trastornado, dejó la lámpara sobre la mesa y quiso arrojarse contra la puerta para tirarla abajo. Pero una voz le detuvo:
-¡Un paso más y es hombre muerto, marinero!
Levantando la cabeza, Hendrijk vio por un tragaluz en el que antes no había reparado que el cañón de un revólver le apuntaba. Aterrorizado, se detuvo. No le era posible luchar: su navaja no iba a servirle en estas circunstancias; incluso un revólver le hubiera resultado inútil. El desconocido que lo tenía a su merced se escondía detrás de un muro, al lado del tragaluz desde el cual vigilaba al marinero, y por donde solo pasaba la mano que esgrimía el revólver.
-Escúcheme -le dijo el desconocido- y obedezca. El servicio obligado que usted me va a prestar será recompensado. Pero no tiene elección. Es necesario que me obedezca sin dudar o lo mataré como a un perro. Abra el cajón de la mesa… Hay dentro un revólver de seis tiros, cargado con cinco balas… Cójalo.
El marinero holandés obedecía casi inconscientemente. El mono, subido a su hombro, gritaba de terror y temblaba. El desconocido continuó:
-Hay una cortina al fondo de la habitación. Descórrala.
Descorrida la cortina, Hendrijk vio un cuarto en el que, sobre una cama, atada de pies y manos y amordazada, una mujer le miraba con los ojos llenos de desesperación.
-Desate las ataduras de esta mujer -dijo el desconocido- y quítele la mordaza.
Ejecutada la orden, la mujer, muy joven y de una belleza admirable, se arrojó de rodillas ante el tragaluz, gritando:
-¡Harry, es una estratagema infame! Me has atraído a esta casa para asesinarme. Has pretendido haberla alquilado para que pasáramos en ella los primeros días de nuestra reconciliación. Creía haberte convencido. ¡Pensaba que por fin estarías seguro de que yo no tuve nunca la culpa de nada! ¡Harry! ¡Harry! ¡Soy inocente!
-No te creo -dijo secamente el desconocido.
-¡Harry, soy inocente! -repitió la joven con voz estrangulada.
-Esas son tus últimas palabras, las grabaré cuidadosamente. Se me repetirán toda mi vida.
Y la voz del desconocido tembló un poco, volviéndose rápidamente firme:
-Como todavía te amo -añadió-, te mataría yo mismo, si te quisiera menos. Pero me sería imposible, porque te amo…
Ahora, marinero, si antes de que haya contado hasta diez no ha metido una bala en la cabeza de esta mujer, caerá muerto a sus pies. Uno, dos, tres…
Y antes de que el desconocido hubiera contado cuatro, Hendrijk, enloquecido, disparó sobre la mujer, quien, todavía de rodillas, le miraba fijamente. Cayó de bruces contra el suelo. La bala le había entrado en la frente. De inmediato, un disparo surgido del tragaluz le vino a dar al marinero en la sien derecha. Se desplomó sobre la mesa, mientras que el mono, lanzando agudos chillidos de horror, se refugiaba en su blusón.
Al día siguiente, algunos transeúntes que habían oído gritos extraños procedentes de una casa de las afueras de Southampton, advirtieron a la policía, que llegó rápidamente para forzar las puertas. Encontraron los cadáveres de la joven dama y del marinero. El mono, saliendo violentamente del blusón de su dueño, le saltó a la nariz a uno de los policías. Asustó tanto a todos que, retrocediendo algunos pasos, acabaron por abatirlo a tiros antes de atreverse a acercarse de nuevo a él.
La justicia informó. Parecía claro que el marinero había matado a la dama y que se había suicidado acto seguido. Sin embargo, las circunstancias del drama eran misteriosas. Los dos cadáveres fueron identificados sin problemas y todos se preguntaban cómo lady Finngal, esposa de un par de Inglaterra, había sido encontrada sola, en una casa de campo solitaria, con un marinero llegado la víspera a Southampton.
El propietario de la casa no pudo dar dato alguno que ayudara a la justicia a esclarecer los hechos. La casita había sido alquilada ocho días antes del drama a un tal Collins, de Manchester, que además continuaba en paradero desconocido. Este Collins usaba anteojos y tenía una larga barba roja que bien podría ser falsa.
El lord llegó de Londres a toda prisa. Adoraba a su mujer y su dolor daba lástima a quien le veía. Como todo el mundo, no entendía nada de este asunto.
Después de estos acontecimientos, se retiró del mundo. Vive en su casa de Kensington, sin otra compañía que la de un criado mudo y un loro que le repite sin cesar:
-¡Harry, soy inocente!
FIN

Crédito de la fotografía: Picasso. «Apollinaire en el estudio de Picasso en el n.º 11 del boulevard de Clichy, otoño de 1910». Ampliación mediante fotografía para un nuevo negativo realizada por Dora Maar, hacia 1937-1940, impresión en gelatina de plata, 23,7 × 17,9 cm. París, Museo Nacional Picasso. ©Sesión Picasso.
Wilhelm Albert Włodzimierz Aleksander Apolinary Kostrowicki conocido como Guillaume Apollinaire ( Roma, Italia, 26 de agosto de 1880-París, Francia, 9 de noviembre de 1918). Poeta, dramaturgo, teórico y crítico de arte. Precursor de la Poesía Experimental, fue el creador del caligrama y dio nombre al «surrealismo». Apollinaire es considerado uno de los autores mas influyentes de la poesía del siglo XX.
Hijo de Angélica de Kostrowitzky, una mujer noble de origen polaco y, según algunas fuentes, de Francesco Flugi d’Aspermon, aristócrata suizo y oficial italiano, quien mantuvo una relación con Angelika hasta 1885.(según otras versiones, su padre pudo ser un obispo). Tuvo un hermano, Albert. Su madre se trasladó con ellos a Mónaco, por lo que ambos crecieron allí. Estudió en el Instituto Sant-Charles regentado por los hermanos maristas. Luego, se matriculó en el liceo Stanislas de Cannes. Poco después su madre los llevó a Niza, donde pasaron algunos años de su juventud y Guillaume estudió en el instituto Masséna de esa ciudad. Suspendió el bachillerato y no volvió a presentarse.
En 1900 se trasladó a París. Para subsistir daba clases particulares. Entre sus alumnos estaba Gabrielle de Milhau, hija de Élinor Hölterhoff, vizcondesa de Milhau, terrateniente de Renania, que invitó al escritor a ir con su familia a sus tierras alemanas. A su regreso a París, en 1902, trabajó como contable en la bolsa y como crítico para varias revistas, desde las que teorizó en defensa de las nuevas tendencias del arte y frecuentó los círculos artísticos y literarios de la capital francesa, donde adquirió cierta notoriedad.
En 1905, Apollinaire conoce a Picasso y Max Jacob, y empieza a frecuentar los círculos literarios y artísticos de la bohemia de Montmartre. Se instala al pie de la Butte Montmartre, conoce a la pintora Marie Laurencin, con quien tendrá una relación tormentosa. Sigue publicando en revistas, sus cuentos, sus poemas y artículos sobre pintura. Para hacer frente a sus dificultades económicas escribe algunas novelas eróticas, como Las once mil vergas y Memorias de un joven Don Juan, que publica bajo seudónimo. Publica también un artículo en La plume sobre Picasso.
En 1909 publicó su primer libro, El encantador en putrefacción, basado en la leyenda de Merlín y Viviana, al que siguieron una serie de relatos de contenido fabuloso. Sus libros de poemas Bestiario o El cortejo de Orfeo (1911) y Alcoholes (1913)en el que optó por integrar varios poemas escritos durante varios años y logró colocar un anagrama en algunos poemas que reflejan la influencia del simbolismo, al tiempo que introducen ya importantes innovaciones formales; ese mismo año apareció el ensayo crítico Les peintres cubistes (Los pintores cubistas), defensa encendida del nuevo movimiento como superación del realismo.
Cabe señalar que en 1911 es robada La Gioconda en el Museo del Louvre. Su amigo y antiguo secretario Géry Piéret, que había robado unas estatuillas en el museo, compromete indirectamente a Apollinaire, que es encarcelado como sospechoso de complicidad en los robos. Sus amigos organizan la protesta y es liberado al cabo de una semana. Esta breve estancia en prisión dio lugar a algunos poemas (En la Santé).
En junio, Marie Laurencin le deja después de una relación de 5 años, dice que era demasiado celoso. Apollinaire escribe Le pont Mirabeau.
Con varios amigos, funda Soirées de París, el órgano del arte y de la poesía de vanguardia. Publica Alcoholes, colección que contiene poemas escritos entre 1889 y 1913, y en los que suprime todos los signos de puntuación. En adelante, ya no puntuará más sus versos. De Alcoholes se ha dicho que es una de las obras capitales en la historia de la poesía moderna. Para llamar la atención sobre su nueva poética, abre Alcoholes (1898-1913) con un poema de 1912, “Zona” —uno de los que sus contemporáneos llamarían “poemas-conversación”, “poemas paseo”, “visionarios”: uno de sus varios poemas simultaneístas.
Al estallar la Primera Guerra Mundial en 1914, se alistó como voluntario en el ejército francés. En septiembre en Niza, había conocido a Louise de Coligny Chatillon, Lou. Pasa una semana de pasión con Lou antes de ir al frente. En diciembre, al ser aceptado en el ejercito inicia los papeles para conseguir la nacionalidad francesa.
El 2 de enero, Apollinaire conoce a Madeleine Pagès en el tren de Niza a Marseilla.
Durante su estancia en el frente, en las trincheras, escribirá aLou así como cartas a Madeleine.
En marzo, pasa su tercer y último permiso con Lou, es la ruptura definitiva pero los amantes prometen seguir siendo amigos.
El 17 de marzo de 1916 recibió una herida de metralla en la cabeza que dejó secuelas en su salud, y durante su convalecencia escribió algunos de sus textos más recordados, como los poemas gráficos de Caligramas (1918), «ideogramas líricos» que abrirán el camino a los experimentos de la poesía visual durante el resto del siglo, y los dramas surrealistas Los pezones de Tiresias (1917) y El color del tiempo (1918). momento en que se le concede la nacionalidad francesa.
En 1918 las Éditions Sic publican su obra Las tetas de Tiresias. Su poema, La alegre rusa, dedicado a su nueva compañera, apareció en marzo en la revista L’Éventail.
En abril, el Mercure de France publica su nueva antología poética: Caligramas. En los poemas de Caligramas, subtitulado Poemas de la paz y de la guerra, llevó al extremo la experimentación formal de sus anteriores obras, preludiando la escritura automática surrealista al romper deliberadamente la estructura lógica y sintáctica del poema. Sus Caligramas u «ideogramas líricos» abrirán el camino a los experimentos de la poesía visual durante el resto del siglo.
- Un caligrama (del francés calligramme) es un poema, frase, palabra o un conjunto de palabras cuyo propósito es formar una figura acerca de lo que trata el poema, en el que la tipografía, caligrafía o el texto manuscrito se arregla o configura de tal manera que crea una especie de imagen visual (poesía visual). La imagen creada por las palabras expresa visualmente lo que la palabra o palabras dicen. En un poema, este manifiesta el tema presentado por el texto del poema. Con Apollinaire, los caligramas se ponen de moda en las primeras décadas del siglo XX, aunque estos llevaban existiendo cientos de años en otras culturas, como en la caligrafía árabe.
Apollinaire recibió una influencia significativa de Stéphane Mallarmé, quien logró hacer de la escritura una disciplina plástica al destacar el sentido material de las palabras, las cuales adquirían un significado particular a partir de su distribución en el papel. El ritmo de la propia espacialidad, con sus contrastes tipográficos, influyó decisivamente en poetas y artistas contemporáneos a Mallarmé, y en generaciones posteriores, que empezaron a considerar las diferentes y variadas posibilidades de la palabra escrita. A partir de esta influencia fue cuando en 1914, Apollinaire creó el caligrama llamado «Il pleut» –en francés “llueve”–, en donde distribuye en el soporte palabras que simulan a la propia lluvia.

Guillaume Apollinaire, “Il pleut”, publicado en SIC, núm. 12, París, diciembre de 1916. The International Dada Archive, Special Collections, University of Iowa Libraries.
También son célebres sus «ideogramas», en los que la tipografía servía para «dibujar» objetos con el texto mismo del poema, en un intento de aproximarse al cubismo y como expresión del afán vanguardista de romper las distinciones de géneros y artes. Esta técnica hoy en día es denominada «poesía visual», como un todo o una base desde la cual se realiza esta taxonomía de las diferentes expresiones como la caligramática; referido a la poesía, también existe la poesía auditiva, en inglés poetry sound.
Fueron usados para representar al cubismo (la primera vanguardia) de forma literaria.
Apollinaire fue el primero en utilizar los términos surrealismo y surrealista. Inventó el término en marzo de 1917 en una carta enviada al poeta belga Paul Dermée, y volvió a emplearlo en junio de 1917, con motivo del estreno de su obra de teatro Las tetas de Tiresias, a la que calificó de «drama surrealista», para expresar una forma de ver la realidad, porque no le servía ninguna otra. Lo definió de la siguiente manera: «Cuando el hombre quiso imitar el andar, creó la rueda, que no se parece en nada a una pierna. Así hizo surrealismo sin saberlo». Breton en su Manifiesto de 1924, recuperó el vocablo, aunque dándole otra acepción.
El 2 de mayo de 1918 se casa con Jacqueline Kolb (la «alegre rusa» del poema), a la que debemos numerosas publicaciones póstumas de las obras de Apollinaire. Testigos de la boda fueron Picasso, Gabrielle Buffet y el famoso marchante de arte Ambroise Vollard.
Tristemente Apollinaire murió el 9 de noviembre de 1918, en París, víctima de la pandemia de gripe de 1918, cuando aún estaba convaleciente de sus heridas, y fue enterrado en el cementerio del Père-Lachaise. Fue declarado Mort pour la France (Muerto por Francia) en honor a su servicio durante la guerra. Tan solo tenía 38 años.
«Soy partidario empedernido de excluir la intervención de la inteligencia, es decir de la filosofía y de la lógica en las manifestaciones artísticas. El arte debe tener como fundamento la sinceridad de la emoción y la espontaneidad de la expresión: ambas están en relación directa con la vida que se esfuerzan por idealizar»
Apollinaire
Obra publicada :
El Bestiario (Le Bestiaire ou cortège d’Orphée) (1911)
Alcoholes (Alcools) (1913)
Vitam independere amori (1917)
Caligramas (Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre)(1918)
Sombra de mi amor (Ombre de mon amour), poemas dirigidos a Louise de Coligny-Châtillon (1947)
El acechador melancólico (Le Guetteur mélancolique) (1952)
Poemas a Lou (Poèmes à Lou) (1955)
Il y a… (Póstumo)
Saldos (Soldes), poemas inéditos (1985)
Yo también soy pintor (Et moi aussi je suis peintre), álbum de ideogramas poéticos coloreados, que quedaron como simples esbozos. Los ideogramas fueron incluidos en la antología Caligramas. (2006)
Novelas y relatos:
Mirely o el agujerito barato (Mirely ou le Petit Trou pas cher), novela erótica escrita con seudónimo para un librero de la calle Saint-Roch de Paris (1900)
Qué hacer («Que faire ?»), novela-folletín de «Matin», firmada por Esnard, al que Apollinaire sirvió de negro.
Las once mil vergas (Les Onze Mille Verges ou les amours d’un hospodar) (1907) publicada sin firmar.
El encantador en putrefacción (L’Enchanteur pourrissant), ilustrado con grabados de André Derain, (1909)
El Heresiarca y Cia (L’Hérésiarque et Cie), cuentos (1910)
Memorias de un joven Don Juan (Les Exploits d’un jeune Don Juan), novela erótica publicada de forma anónima (1911)
El fin de Babilonia (La Fin de Babylone) (1914)
La Roma de los Borgia (La Rome des Borgia), escrito a medias con Dalize, (1914)
Los tres Don Juan (Les Trois Don Juan) (1915)
El poeta asesinado (Le Poète assassiné), cuentos (1916)
La mujer sentada (La Femme assise), inacabado, póstumo (1920)
Los alfileres (Les Épingles), cuentos (1928)
Teatro y cine:
Las tetas de Tiresias (Les Mamelles de Tiresias), drama surrealista en dos actos y un prologo (1917)
La Bréhatine, guión cinematográfico escrito con André Billy (1917)
Es un pájaro que viene de Francia (C´est un oiseau qui vient de France), guión cinematográfico
Color del tiempo (Couleur du temps) (1918)
Casanova (1952)
Obras críticas:
La Phalange nouvelle, conferencia (1909)
La obra del Marqués de Sade (L’Œuvre du Marquis de Sade), introducción a la edición de Maîtres de l’Amour (1909)
Les Poèmes de l’année, conferencia (1909)
Les Poètes d’aujourd’hui, conferencia (1909)
El teatro italiano (Le Théâtre italien) (1910)
Pages d’histoire, chronique des grands siècles de France (1912)
La pintura moderna (La Peinture moderne) (1913)
Los Pintores cubistas. Meditaciones estéticas. (Les Peintres cubistas. Méditations esthétiques) (1913)
La antitradición futurista (L’Antitradition futuriste, manifeste synthèse) (1913)
El paseante de ambas orillas (Le Flâneur des deux rives) (1918)
Les Diables amoureux (1964)
Correspondencia:
Cartas a su madrina (Lettres à sa marraine) 1915–1918 (1948)
Suave como el recuerdo, cartas a Madeleine Pagès (Tendre comme le souvenir, lettres à Madeleine Pagès) (1952)
Cartas a Lou (Lettres à Lou) (1969)
Lettres à Madeleine, edición revisada y aumentada por Laurence Campa (2005)
Diario:
Diario íntimo (Journal intime) (1898-1918), edición de Michel Décaudin, facsímil de un cuaderno inédito de Apollinaire, (1991)
Enlaces de interés :
https://dev.gutenberg.org/ebooks/author/6075
https://es.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Apollinaire
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